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27 janvier 2023

Boucle d'Or


La douleur de perdre aux échecs ... comment la gérer ? par Benjamin Portheault dans le numéro 5 de la revue Route 64. Disponible à la bibliothèque du Club

L'auteur fait allusion au principe de Boucle d'Or ou comment trouver le juste milieu. Dans l'histoire de Boucle d'Or et les trois ours, une petite fille du nom de Boucle d'Or goûte trois différents bols de porridge, et elle découvre qu'elle préfère la bouillie qui n'est ni trop chaude, ni trop froide, mais à la juste bonne température. 

" Si Vous ne vous souciez pas de perdre, vous ne serez pas poussé à vous améliorer davantage. Si vous êtes complètement brisé après une défaite, vous cesserez de participer aux compétitions." Lire la suite ...

11 septembre 2022

Route 64

Une revue récente au style et au contenu original

 
Anecdote #132 / 365 
En août 1860 Steinitz et Anderssen disputent un match à Londres et, parmi les spectateurs, se trouve Lewis Carroll l’auteur d’Alice au pays des merveilles. Lire la suite ...

8 mai 2022

STAPPENMETHODE.NL (La Méthode par Étapes)

La méthode par Étapes est une méthode didactique qui sert à enseigner les échecs aux enfants (et aux adultes). Elle a été adoptée par de nombreuses écoles et clubs d'échecs aux Pays-Bas, en Belgique, en France, en Allemagne et en Suisse.     Lire la suite ...
 
Extrait "Les caractéristiques du jeu des enfants :
Les enfants jouent aux bords de l'échiquier (...), jouent avec un nombre limité de pièces (...), se concentrent sur le matériel (...), jouent vite (...), ne voient que leurs propres possibilités (...), n'utilisent qu'une partie de l'échiquier (...), ont des problèmes avec les distances sur l'échiquier (...), pensent souvent qu'un coup n'a qu'un seul but (...), réagissent uniquement à la pièce jouée (...), voient parfois des fantômes (...), ne cherchent pas le meilleur coup (...), tremblent inutilement face à des joueurs qui semblent plus forts (...)"

1 octobre 2021

Comment choisir un livre d’échecs ?

"Un livre nouveau doit avoir des qualités particulières lui permettant de se distinguer de ses concurrents, soit par une approche nouvelle du sujet, soit pas la qualité exceptionnelle de son contenu" Roger Warwick ("Histologie fonctionnelle Manuel et Atlas")


Comment choisir un livre d’échecs ? Quelques conseils de bon sens par Vincent Di Martino, amateur enthousiaste : "Les joueurs passionnés sont très vite confrontés à l’abondance de la littérature échiquéenne mais peuvent aussi s’exposer à des déconvenues. Pourquoi ? Parce que sous leur apparente diversité, les sujets traités sont à peu près toujours les mêmes. Vous pouvez penser que cela se conçoit, puisque, après tout, nous ne parlons que d’un jeu qui consiste à bouger sur un plateau quelques misérables bouts de bois... grave erreur ! Les échecs sont riches, vecteurs de créativité, de passion. Ils peuvent entraîner une véritable addiction." Lire la suite…

24 mai 2020

Livres d'échecs à la médiathèque

La bibliothèque du club étant actuellement fermée nous pourrons bientôt nous tourner vers la médiathèque. A partir du 2 juin, une réouverture progressive aura lieu, dans des conditions particulières adaptées au contexte sanitaire. 

>> Livres sur les échecs 

Sélection personnelle :

Niveau : grands débutants
Les Echecs, un jeu d'enfant ! de Murray Chandler et Helen Milligan
Le grand maître néo-zélandais dont la notoriété n'est plus à faire, auteur des excellents livres de tactique  "Comment battre Papa aux échecs" et "les échecs pour les enfants" réussit avec le même talent pédagogique à expliquer les règles du jeu au joueur complètement débutant. A la fin de l'ouvrage il réussit le tour de force de commenter très simplement les coups joués dans une partie de grand-maitre. 

Niveau : joueurs de club
Un recueil de problèmes destiné aux joueurs confirmés. Si vous en venez à bout, vous verrez la géométrie de l'échiquier autrement. 

Niveau : joueurs occasionnels, joueurs de club
La Fabuleuse histoire des champions d'échecs de Nicolas Giffard et Aldo Haïk
Se lit comme un roman. Retrace la "théorie" échiquéenne de Morphy à Karpov avec de belles parties commentées, des anecdotes sur les matchs de championnats du monde et de superbes photos.

Niveau : tous niveaux
Principes fondamentaux du jeu d'échecs de J.R. Capablanca
S'il fallait conseiller à un joueur désirant acquérir un socle de connaissances solides un seul livre, une espèce de "handbook", "livre de chevet", "tout en un", mon choix se porterait sur celui-ci.

16 août 2019

‌Jeu d'échecs et littérature

Un peu de lecture pour les vacances. «L'échiquier du mal de Dan Simmons. Ils sont peu nombreux et ressemblent à des êtres humains. Sauf qu'ils possèdent un Talent (N.D.L.R : avec un T majuscule) : la capacité d'entrer dans nos pensées et de nous forcer à leur obéir. Deux d'entre eux se livrent un combat stratégique à l'échelle de la planète. Nous sommes leurs pions et la Terre est leur échiquier. Ce roman est un classique de la SF. Une fin de partie d'échecs, diagrammes inclus, décide du dénouement. D'après Wikipédia la partie d'échecs est tirée de la première du match du championnat du monde de 1972 Spassky - Fischer.»   David 

30 juillet 2019

Jeremy Silman


 Malgré la trêve estivale, certains joueurs du club ont décidé de parfaire leurs connaissances échiquéennes. William nous propose ainsi une présentation de son livre best-seller de l’été : comment mûrir son style aux échecs de Jeremy Silman :

« Il faut d’abord signaler les capacités pédagogiques de Silman. La lecture de ce livre est simple, non pas dans son contenu de grande qualité mais dans la logique pédagogique mise en place. 

Après un petit rappel théorique sur les finales élémentaires, Silman nous propose de découvrir sa technique Silman de réflexion structurée, basée sur le repérage des déséquilibres et leurs exploitations en créant un PLAN ! Voilà le résumé de ce magnifique livre de Silman … ha ha. Bon ça c’est la théorie car bien sûr il faut savoir repérer ces déséquilibres et surtout savoir les exploiter.

Silman nous propose un petit exercice pratique que tout le monde peut déjà essayer : sélectionnez une partie de grand maître tel que Tal, Alekhine ou Kasparov (tous les trois de très bons calculateurs). Jouez les 10 premiers coups puis mettez-vous à la place de votre héros préféré … Appliquez la méthode Silman (quels déséquilibres => quel plan en tirer) et déterminez le meilleur coup. Vérifiez puis recommencez après le coup de l’adversaire …

Concernant le calcul des combinaisons, Silman nous redirige vers le livre Pensez comme un grand maître de Alexandre Kotov. Livre dont j’ai pu validé là encore l'importance pédagogique mais surtout trouvé un intérêt certain concernant le contenu (il faudrait d’ailleurs que je continue de le travailler …).

La suite du livre (c'est-à-dire les quelques 300 pages restantes me restant à travailler ...) développe avec précision chaque déséquilibre … Affaire à suivre donc. Je noterai enfin pour finir que j’adore les titres des chapitres … aller juste pour rire, vous trouverez dans ce livre des chapitres portant le doux nom de : les cavaliers de l’Apocalypse ou encore la strangulation … De quoi vaincre vos adversaires à la rentrée avec une âme guerrière …  Bonne vacances à tous »

19 avril 2019

Réaliser un avantage matériel

Extrait du livre d'Artur Yusupov, Build up your chess 1, chap. 13 (trad. perso)
"le camp qui a un avantage matériel peut employer l'une des deux stratégies fondamentalement différentes pour exploiter cet avantage. Chaque fois que nous avons plus de pièces que notre adversaire, la meilleure stratégie est généralement de jouer pour une attaque. Parce que nous avons plus de pièces, notre adversaire est obligé de se défendre contre des forces supérieures. Ainsi nous pouvons simplement attaquer un point avec plus de pièces qu'il n'en a pour la défense. 
Bon week-end Pascal !

La deuxième méthode consiste à viser une simplification de la position. Vous essayez d'échanger des pièces et d'entrer en finale. En finale, vous pouvez convertir votre avantage matériel sans trop avoir à vous soucier du contre jeu. Cependant, il est important de conserver au moins quelques pions parce que beaucoup de finales avec une pièce supplémentaire, mais sans pions, ne peuvent pas être gagnées. Le camp qui a l'avantage matériel devrait essayer d'échanger des pièces, mais éviter d'échanger des pions. 

Dès qu'ils ont acquis un avantage matériel, certains joueurs commettent une grave erreur . Ils pensent qu'ils ont déjà gagné la partie. Leur concentration s'affaiblit et ils attendent simplement que leur adversaire abandonne. Un tel comportement est très souvent sanctionné : vous négligez les menaces de votre adversaire et parfois vous perdez même une partie que vous aviez déjà presque gagnée (#tiensçamerappelle). Dans de telles situations, nous devons jouer avec encore plus de prudence et ne pas permettre de contre-jeu. "

Yusupov - Nemet (2001) Trait aux Blancs

5 avril 2019

Mat en deux coups

Extrait du livre d'Artur Yusupov, chap. 9 (trad. perso)
"Le but de cette leçon est d'améliorer votre calcul des variantes courtes. Il est plus important de chercher beaucoup d'options dans les premiers coups que de calculer de longues variantes. La plupart des erreurs se produisent dans les tous premiers coups des variantes.  A quoi bon calculer une variante longue et correcte si votre adversaire a une bien meilleure réponse au premier coup ! Vous devez développer votre habileté à calculer les variantes courtes tout en tenant compte des possibilités qui s'offrent à votre adversaire. Cette compétence devrait réduire le nombre de gaffes. Les exercices avec mat en deux sont très bien adaptés à l'apprentissage de l'art de calculer de courtes variantes avec une grande précision. En cherchant la solution d'un exercice, vous devez avoir calculé et noté toutes les réponses possibles de votre adversaire."

Sam Loyd (1859) - Trait aux Blancs
Sam Loyd (1885) - Trait aux Blancs

12 octobre 2018

Les 7 péchés capitaux aux échecs


Dans son livre "Les sept péchés capitaux aux échecs" que j'ai eu l'occasion de feuilleter (#Alain), le GMI Jonathan Rowson au lieu de dresser un catalogue des fautes techniques typiques, remonte à la source des erreurs les plus fréquentes : Le joueur lui-même ... (NDLR : expérience récente de votre serviteur) Extraits disponibles sur le site  de olibris.fr

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

24 août 2018

Monochromie


"Quand le Fou et ses propres pions-béliers (2 pions ennemis front à front) sont de cases noires il manque aux cases blanches une protection convenable. On appelle cette maladie faiblesse sur les cases blanches ou leucopénie (pauvreté blanche) et mélanopénie les faiblesses sur les cases noires (NDLR : il s'agit de la terminologie particulière à Hans Kmoch dans l'art de jouer les pions, rassurez-vous, vous n'êtes pas dans un service d'hématologie mais bien sur les 64 cases). La pauvreté blanche (ou noire) sont des phénomènes de monochromie qui pèche contre la nature bicolore de l'échiquier. Elle résulte de la disparition du bon Fou. La monochromie ne survient que dans les positions de pions pauvres en duo (2 pions de la même couleur, côte à côte, qui couvrent mutuellement leurs cases de blocage). Le degré de monochromie ne dépend pas seulement du nombre de béliers, mais aussi de quelles pièces légères, les siennes propres comme celles de l'adversaire, entourent le mauvais Fou. Il existe 5 degrés de monochromie. Leucopénie fortement atténuée, assez fortement atténuée, faiblement atténuée, dangereuse, grave (diagrammes 1 à 5)"

diagramme 1 : aides extérieures pour les cases blanches. Possibilités d'échange.
diagramme 2 : une certaine aide extérieure. Perspectives pour  F x C.
diagramme 3 : peu d'aide extérieure. Danger que les Noirs arrivent à  F x C.
diagramme 4 : seul contre l'adversaire.
diagramme 5 : seul face à l'ennemi juré.

1

2

3

4

5

17 août 2018

Methode Woodpecker


Dans le livre récent the Woodpecker method (NDLR : je n'ai lu que l'extrait disponible sur le site de qualitychess), Axel Smith et Hans Tikkanen partent du constat, connu, que la répétition mécanique d'exercices tactiques est cruciale pour le développement de l'intuition.
Pourcentage de parties décisives conclues sur des erreurs tactiques, par catégorie ELO, lors du championnat de Suède 2016 :
GMI 42%
2200-2400 44%
2000-2200 63%
1800-2000 72%

les auteurs proposent une méthode d'entrainement qui repose sur la notion de répétition espacée. Le principe est de réviser les notions apprises avec un délai entre les répétitions fonction des réussites et des échecs. Pour en savoir plus : Le système Leitner , Spaced-Repetition (en anglais)

L'objectif visé est la reconnaissance de schémas (patterns) et le développement de l'intuition, mais aussi le calcul, la concentration, la prise de décision et la vitesse.

Les points importants sont :
1- le matériel de base : important mais limité et immuable — 1128 exercices repartis en 3 sets (222 "faciles", 762 "intermédiaires", 144 "avancés") sans aucune indication (de motif tactique, de jugement positionnel, parfois plusieurs coups possibles, etc.)
2- l'intervalle entre les répétitions :  en fonction des résultats obtenus
3- le nombre important d'exercices a effectuer "d'un trait" (une centaine)
4- la vitesse de résolution

C'est là, qu'à mon avis, les sites de problèmes en ligne comme lichess.org ne remplissent qu'imparfaitement ce rôle d'apprentissage de patterns. Le nombre de problèmes proposés est très important, non limité (par l'ajout périodique de nouveaux problèmes) et le tirage des problèmes est aléatoire. Du coup à moins d'avoir déjà la mémoire de Raymond Babbitt dans Rain Man et de faire des série très très longues (NDLR : record perso 345 puzzles a la suite, épuisant et peu productif), l'intervalle de sortie d'un problème déjà non résolu peut être long et celui d'un problème déjà résolu court : on peut réviser ce qu'on sait déjà et buter sur les mêmes difficultés. En revanche si on ne limite pas son temps de réflexion je pense que Lichess.org permet de développer les autres qualités sus-citées comme le calcul et la concentration. À te lire ami lecteur pour tes retours d'expérience...

22 juin 2018

Métacognition


Extrait du livre de Jonathan Rowson : Chess for zebras. Difficile de prévoir le profit retiré d’un tel livre (et encore moins de cet article) qui variera beaucoup d’un joueur à un autre. Et donc ici pas de méthodes ni de théorie échiquéenne. Que du vent ! À nous de développer notre voilure ou de nous faire greffer des ailes. Ok, et comment ? "Accroche toi à tes bretelles Dr Jones ! "

1ère question : Pourquoi est-il si difficile de s'améliorer ?

Rowson part de la comptine enfantine "il y a un trou dans mon seau, chère Liza" où, pour faire court, Henry, pour boucher un trou dans son seau a besoin de paille, pour cela il a une hache pour couper la paille, une pierre pour affûter sa hache, mais la pierre est trop sèche pour cela, et Liza lui suggère d'aller puiser de l'eau avec son seau pour mouiller la pierre, or il y a un trou dans le seau … On arrive à une espèce de situation "catch-22" où le problème peut être résolu uniquement s'il n'existe pas.

Que faire quand vous pensez qu'il y a un trou dans votre seau ? L'eau est la connaissance que nous cherchons, et le trou dans le seau représente les problèmes que nous avons à la trouver. La capacité d'Henry à transporter de l'eau ( = notre capacité à absorber et comprendre de nouvelles idées) est limité par la capacité de son seau ( = nos ressources cognitives.) Vous pouvez avoir accès à des sources jaillissantes ( = les meilleurs livres, logiciels, professeurs) mais être incapables de retenir de l'eau dans le seau (= ce que vous apprendrez sera lourdement influencé par vos "instruments" cognitifs comme la mémoire, les émotions, la raison, le langage, la perception et le système nerveux.) Cependant, le procédé laborieux suggéré par Liza à Henry, et le fait que le trou n'est jamais bouché, suggèrent qu'Henry et Liza ne cherchent pas dans la bonne direction. Nos esprits on des "trous" dans le sens qu'ils sont limités, mais le problème auquel la chanson fait allusion est plus profond. La raison pour laquelle nos esprits ne peuvent être "remplis", n'est pas parce qu'ils ont des "trous" mais parce qu'ils ne sont pas du tout comme des seaux.

2ème question : Comment améliorer sa capacité à s'améliorer ? 
Quelles sortes d'attitudes mentales sont nécessaires pour trouver de bons coups dans les différentes phases de la partie. Nous construisons notre compréhension des positions en nous servant de ce que nous avons, bien qu'imparfait, pour faire sens avec ce qui nous est donné. Le hic c'est que nous ne voyons pas ce filtre, parce que nous voyons à travers lui. Rowson dit par exemple que nos attachements à certaines structures, ouvertures, style de jeu, sont un filtre limitant pour le nouveau matériel que nous essayons d'assimiler. Nous ne pouvons pas changer notre "logiciel" mais avons la capacité de métacognition. Ça peut être dommageable pendant les parties et nous distraire de l'objectif compétitif mais être très utile entre les parties. Ce n'est pas naturel de "désapprendre" car il est normal de vouloir faire sens avec ce que l'on sait déjà, de mettre de l'ordre dans le chaos, avec des règles, des catégories et des arguments. Mais le real thinking EST difficile : regarder les positions sur l'échiquier sans se précipiter sur un jugement sur ce qui est en train de se passer, où penser n'implique pas de suivre des "recettes" mais plutôt de suivre aussi loin que possible, la logique de la position en face de soi. Ce qui est carrément non-trivial, peut-être même impossible, mais doit être tenter pour quiconque essaie de s'améliorer.

Beaucoup de joueurs "travaillent" les échecs comme s'ils travaillaient sur un sujet académique. S'améliorer aux échecs s'apparente plus à améliorer sa conduite automobile ou son jeu sur un instrument de musique, que de se préparer à un examen. Un tel apprentissage peut-être dirigé et supervisé mais pas directement enseigné. Il existe une différence entre savoir comment faire (skills) et savoir quoi faire (Knowledge). Accumuler des connaissances sur les ouvertures, les finales, etc., est utile jusqu'à ce que ça aide à savoir comment jouer l'ouverture et la finale et cette transition ne se fait pas automatiquement. La réalité est que vous avez à bouger les pièces autour de l'échiquier et à jouer avec la position. Qui fait ça ? Les amateurs ne font pas ça, les grands-maîtres, oui... 

Un conseil de l'auteur : acheter une pendule d'échecs (NDT : personnellement, je préfère le sablier de William, plus visuel) ; se procurer une data-base ou un livre ; sélectionner une position qui vous intrigue, avec la source pour avoir les réponses ; réfléchir pendant 20 mn ; comparer vos idées avec celles proposées. La source idéale est une position où la solution n'est pas complètement concrète, comme une vraie partie. Rowson en stage chez le GM Artur Yusupov n'a fait que ça : 30 positions analysées en 5 jours. La partie suivante Rowson vs Yermolinsky (Philadelphia 2002) eut lieu 3 semaines après le stage avec Yusupov.
Trait aux Blancs 

1 juin 2018

Problèmes pour les gens sans problèmes

Extrait du livre Problèmes pour les gens sans problèmes de René Mayer (NDLR : disponible à la médiathèque de Châteaudun) :

(...) Comme je connais déjà la plupart des « griefs » à l'encontre des problèmes de mat pour les avoir entendus maintes fois je tiens à vous les énumérer d'emblée :

a) les problèmes sont de pures élucubrations créées par des compositeurs spécialisés et n'ont aucune valeur pratique pour un joueur de tournois;

b) ils présentent invariablement des situations confuses et peu orthodoxes dans lesquelles un grand déséquilibre matériel se combine avec une disposition des pièces des plus étranges;

c) ils n'offrent pas la tension habituelle de la lutte échiquéenne : quand une position est gagnante ou écrasante, elle cesse de m'intéresser, et peu importe de savoir si je peux parvenir au mat en deux, trois, quatre coups ou plus;

d) quand je suis face à l'échiquier, j'aime répondre à la question : « que puis-je faire dans la position de ma partie ? » et non pas « comment puis-je résoudre une énigme posée par un compositeur de circonstance ? » 

N'est-ce pas là un excellent résumé de vos idées concernant lesdits problèmes? Si oui , il est donc grand temps  de vous faire  comprendre que cette attitude, résultat de préjugés, ne permet pas d'approcher un univers qui présente une grande  dose d'intérêt et de fantaisie, même pour un joueur « pratique ».

Voici donc quelques-unes de ses vertus, qu'il ne faut  pas supprimer d'un trait :

a) résoudre un problème, c'est avant tout faire face à un défi et élucider une énigme. Cette recherche favorise grandement le développement de l'attention et l'application d'une méthode de recherche logique. Qui plus est, la principale mission d'un joueur d'échecs est de ne pas céder à l'« échec », en relevant tout défi, quel qu'il soit;

b) le fait de trouver la clé cachée, souvent aussi spectaculaire qu'inespérée, vous permettra d'accroître votre sensibilité esthétique et votre capacité de contemplation à une époque où toutes deux paraissent secondaires. Finalement cette quête n'aura que des effets positifs sur votre imagination, en tant que simple joueur, membre assidu d'un club ou praticien habitué des tournois;

c) les problèmes ont une utilité énorme, bien que vous ne soyez pas disposé à l'admettre :  ils développent la capacité de « visualiser l'échiquier », c'est à dire la captation visuelle de thèmes et manoeuvres géométriques qui s'avèrent essentiels dans la pratique du noble jeu. Ils vous apprennent à ne voir que «ce qui existe réellement» et donc à vous méfier des apparences et des mirages;

d) enfin, ces problèmes peuvent être résolus par des personnes  sachant uniquement bouger les pièces, puisqu'ils ne font pas intervenir les complexes concepts stratégiques et tactiques, présents dans toute partie sérieuse. Votre propre enfant pourra même vous aider à les résoudre !

Les Blancs jouent et font mat en 2 coups
W.A. Shinkman (1902) 
Voilà le genre de petits problèmes que les maîtres yougoslaves utilisaient pour entrainer les membres de l'équipe junior et évaluer sur-le-champ leur capacité visuelle et géométrique sur l'échiquier. (...)